Projet pour la biennale le Manif à Nîmes 2006 

    Travaillant actuellement en temps qu’artiste et thérapeute avec des personnes âgées souffrant de syndromes dépressifs graves, le suicide des personnes âgées m’ est apparu par son silence médiatique , son sens emprunt d’ ambiguïté et sa fatalité comme étant un sujet se rattachant au thème “ tabou or not tabou” . Sa définition actuelle : “ action de se donner soi même la mort “ a certes évolué étant “:meurtre contre soi-même “ dans les années 60/70, cependant le suicide continue de mettre en échec voire en péril, l’ ordre moral et le pouvoir établi mais aussi le système familial . Afin de conjurer sa transmission aux futures générations ( quiconque touche le tabou devient tabou lui-même , le tabou se venge tout seul), le silence en reste souvent , même dans notre société médiatique clamant la liberté d’ expression, l’ unique commentaire . Dans nos sociétés européennes le suicide touchent essentiellement les personnes âgées dont la longévité ne cesse d’augmenter tout comme le taux de suicide ....

DESCRIPTION:

          Il s’agit d’une installation In Situ intra muros (correspondant au paysage quotidien des personnes âgées , confinées ou cachées à l’’intérieur et éprouvant des difficultés physiques à se déplacer), pouvant être placée dans un endroit ayant déjà une autre activité : magasin ,lieux publics, restaurant etc . La disposition des différents éléments composant l’ installation déprendra de l’ espace proposé .

Les différents éléments constituant l’installation sont d’une part des chaises vêtements et souliers : divers objets témoins et emprunts du quotidien de la personne âgée et d’autre part en opposition un éclairage -néon de couleur rouge à la signification controversé puisque montrant la croissance du suicide chez les personnes âgées ces dernières années . Les chaises sont disposées ça et là ( une dizaine environ ) avec des divers objets : souliers et vêtements usagés, ayant appartenus à des personnes âgées ,soigneusement posés sur le dos des chaises laissant apparaitre un même prénom écrit en noir sans fin et barré sur tout l’ envers du vêtement .Ces écritures restent peu perceptibles car écrites sur l’ envers du vêtement tel des “maux “ sempiternellement non dits , cachés. La marque du vêtement est quant à elle, remplacée par celle d’ EXIT, attestant de la disparition de la personne .Tant qu’ au néon de couleur rouge ( 1m 80 de long sur 80 cm de hauteur) il sera disposé le long d’un mur , bien en évidence telle une enseigne., mettant en porte à faux le concept de croissance liée avant tout à la réussite matérielle dans notre société .

Ma démarche donc dans cette pièce tend à montrer les deux faces différentes de la croissance l’une visible l’ autre cachée . Tabou or not tabou : le débat reste ouvert ...