’Ere du Kaleidoscopic”- 2019: 183cmx 120cmx25cm

L’Ere du Kaleidoscopic” 2019: 183cmx 20cmx 25cm-papier-crayon-carton-film miroir-verre--

           Dans l’année précédant l’exposition programmée au village des Arts d’Octon, le décès de mon père, en mai 2018, est devenu un élément central et sensible de mon travail artistique ravivant des questionnements sur les notions de perte, d’origine et d’identité. Suite à ce deuil pendant les mois de mai, juin, juillet et août 2018, je me suis astreinte, quotidiennement, à dessiner au crayon son portrait d’après une photographie choisie avant tout pour la bienveillance de son regard. Ce geste répétitif, d’une discipline rigoureuse et contraignante, est devenu le moyen d’inscrire, de contenir cette expression dans ma mémoire, de l’archiver, pour qu’elle se transforme en lien incontournable de son image. L'installation "l'Ere du Kaléidoscopic" est, donc, composée par l'ensemble de ces portraits. Construite et assemblée à la façon d'un château de cartes, chaque dessin/carte y est semblable par le sujet mais différent par l’objet puisque réalisé à des dates différentes. Les 5 bases constituant la pyramide sont en verre brut. Outre un rendu plus minéral, l’emploi de cet élément renforce l’équilibre de la structure: sa rigidité nivelle les cartes mais y ajoute aussi en opposition, d’autres propriétés comme celles d’être cassable et coupant. Le papier cristal posé sur les portraits protège et à la fois éloigne le dessin. Un film miroir collé au dos des cartes, renvoie, tout comme le verre, la lumière et donne à l’ensemble un air de kaléidoscope. Ainsi la force de gravitation: l’ici-bas, de par son architecture de château  de cartes, rejoint l’au delà du céleste.

       Cette pièce rappelle l'importance des rituels face au deuil: cette façon de donner corps à la mort pour pouvoir l'intégrer au vivant: temps qui s'est trouvé douloureusement interdit pendant la pandémie du Covid 19.