Mon travail, à travers son thème du passage, ses motifs et techniques employés explore les limites qui font ou défont l’intérieur et l’extérieur d'espaces réels ou imaginaires, en interroge les définitions,  interactions,  codes, mémoire et rapport au temps. Au départ, assemblage de matériaux similaires et résultat d’un processus alternatif de construction/déconstruction, mes ouvrages sont devenus au fil du temps plus informels et sculpturaux se rapprochant plus d’un système dissociatif/associatif d’images, d’idées, de symboles contemporains comme d'éléments autobiographiques.

Suivant cette même technique de libre assemblage, je procède autant par opposition que par analogie, par exemple de la forme, comme dans l'installation "Dos à Dos" où le quartier de cercle d'une échographie répond à celui d'une portion d'un diagramme circulaire. Ces dernières années je me suis tout particulièrement intéressée et consacrée, à la réalisation d‘installations où les divers composants matériels ou immatériels, souvent dissonants et antinomiques, trouvent au delà de leurs oppositions, des correspondances entre eux leur donnant cette unité à l'harmonie souvent subversive. Ainsi dans l'installation "Bonheur" les différentes lettres du mot bonheur sont matérialisées par des couronnes mortuaires aux couleurs bigarrées, bousculant de ce fait son rapport signifiant/signifié initial: son sens y devient multiple et incertain. alignant dans un même visuel les concepts opposés de félicité/vie et perte/mort.

Outre cet aspect paradoxal de leur alliance, ce procédé associatif permet également aux différentes parties d’exister à la fois dans leur ensemble et de façon indépendante. Le spectateur, par son point de vue: au travers son regard, sa position, ses déambulations, décide de la jonction, et de la chronologie des différents composants de l'installation pour construire son propre récit.

 

            De par l’emploi de différents médiums comme la vidéo, la multiplicité des éléments, la variabilité des associations sujet/objet, l’équivocation du récit, les systèmes de construction sous forme de kit prêt à l'assemblage, mes installations sont avant tout dans le mouvement et peuvent se transformer pour s’articuler avec cet autre élément: l’espace dans lequel elles sont présentées. Ainsi, lors de mon exposition “Partie de/Part Of(f)", certaines installations comme Paysage Sélénien ont été complètement décomposées et recomposées pour s’intégrer à la salle d’exposition et répondre à la forme octogonale du lieu. Au cours de cet événement, chaque installation a été traitée comme un élément faisant partie d'une boucle avec une absence de chronologie, de début et fin.