MUE MAISON 2016 

boyaux- fer - vidéo- liquide laiteux- vidéo projecteur- 2m50x0m95x0m75

Il s'agit d'une structure en métal sur roulettes composée d’une maison renversée recouverte de bandes de boyaux séchés (droit de boeuf) cousues entre elles et dont la base est constituée par un bac métallique rempli d’une substance laiteuse. Par l’espace créé par l’ouverture du toit, un vidéo projecteur, disposée à l’intérieur, verticalement et au centre de l’un des côtés du sommet de la structure, projette la vidéo «Lactée» sur la surface liquide du bac.

«Lactée» est une vidéo montée et réalisée suivant un processus de superposition puis de soustraction entre une photo en noir et blanc d’une enfant de 9 mois souriante et une vidéo du soleil se reflétant dans une piscine. Cette installation vidéo alliant par définition plusieurs médiums, est dans son contenant à la fois sculpture et projection vidéo et devient dans son contenu le sujet même de l’installation. C’est-à-dire une projection d’une source lumineuse sur une surface liquide, créant ainsi une mise-en-abîme et un parallèle continu entre matérialité et immatérialité. Ainsi, la fluidité de l’image en mouvement, rencontre-t- elle la surface à la fois liquide et profonde du lait, où apparaît sporadiquement par « l’interstice » de trous/bulles, le regard souriant d’une enfant. Son regard ne nous croise pas mais est dirigé vers le projecteur, créant ainsi un phénomène de renvoi, de miroir, de boucle.

 

Dans cette installation les lectures se croisent, se chevauchent, correspondent, les paradoxes s’y accumulent pour se fondre entre eux. Les reflets brûlant du soleil sur l’eau, par l’effet de soustraction au montage se confondent-ils en bulles. La solidité de la structure en fer s’oppose à la fragilité des boyaux qui la recouvrent: cette peau fine interne, telle une mue déchirable et porteuse de la mémoire du «précédent», de ce qui a été. Les roulettes pourraient assimiler l’installation à un jouet que l’on tire mais son échelle industrielle et les matériaux employés aux odeurs si caractéristiques lui confèrent un ton plus rude, animal. Tout comme la douce fluidité de l’image en mouvement et le sourire candide de l’enfant se heurtent-ils à l’aspect «brut» de l’ensemble de la construction.

Le spectateur/visiteur, par son regard et ressenti représente-il l’un des possibles trait-d’union de toutes ces différences et de leur harmonie.

l