De Dos» 2017

12016- 3mx3m50 x1m35 -chaises- tissu - broderie - vidéo projecteur - socle - clé usb-

 

" Chacun est condamné à fixer le vide, comme sous les yeux  des autres mais sans rien voir, à jamais incapable de rien voir."*(1)

 

               Une série de trois tabourets identiques recouverts de tissu couleur chair sur lesquels sont déposés des bustes/dossiers, correspondant aux contours du dos de l’artiste échelle 1 assise sur ce même tabouret. Ils sont eux aussi, recouverts de tissu chair. Sur leur partie supérieure: entre l’emplacement des omoplates, une cible a été brodée avec du fil à broder également de couleur chair qui deviendra l’espace écran de l’installation .Les trois chaises sont disposées de dos et en arc de cercle .Des vidéo projecteurs  vissés et placés sur des socles à environ 1m de distance projettent les vidéos de l’installation  «Entachées» en boucle sur la cible brodée.Le leitmotiv de ces vidéos, toutes de durée de 1minute 47 secondes consiste en des tâches rouges ne cessant de virevolter de façon aléatoire. Communes aux trois vidéos : «Brest Même», «En Robée» et «A la Dé Robée», ces tâches sont, à l’origine, issues de plans filmés de reflets du soleil sur la surface de l’eau. Par des processus de fusions d’images et de sons rencontrent-elles des interprétations multiples, comme par exemple de se transformer tantôt en ballon, tantôt en globules rouges.

 

                Dans cette installation anthropomorphe, les différents éléments s’incorporent de la forme au sens et se rejoignent dans leur antinomie.  Ainsi les corps fermés car scellés à chaque chaise/écran contredisent la disposition en arc de cercle invitant, elle, à l’ouverture, la conversation.

                Les projections des différentes vidéos sur les cibles au dossier de ces chaises statiques, rappellent la course infini et répétitive du temps, de l’histoire, de la mémoire. Venant se heurter en boucle à l’immobilisme des sujets/objets, elles en rappellent l’enfermement, l’internement. Cependant au travers leur immatérialité, leur  mouvement, l'invisible présence des images hors champ, leurs thématiques, elles habillent  ces trois chaises anthropomorphes en arc de cercle pour en devenir le lien, s'ouvrir à d’autres possibles et «introduire du trans-spatial et du spirituel»(2) . 

               Le spectateur/acteur par son intervention s'instaure comme un nouveau lien spatial, recontextualise l'installation. Représentant l’extérieur, le dehors, il en transforme la forme et le sens devenant  le sujet par lequel la relation, la communication se fait, prend forme.

 . 

(1).52. Paul Auster "l'Invention de la solitude" éd.Babel

(2) Gilles Deleuze L'image mouvement. Editions de Minuit, collection : Critique, octobre 1983

De Dos» 2017

"Everyone is condemned to fix the void, as under the eyes of others but without seeing anything, forever unable to see anything »* (1)

A series of three identical stools covered with flesh-colored fabric on which are deposited busts /   chair back, corresponding to the outline drawing of the back of the artist scale 1 sitting on the same stool. They also are covered with flesh cloth. On their upper part: between the location of the shoulder blades, a target has been embroidered with also flesh-colored embroidery thread that will become the screen space of the installation. The three chairs are arranged from back and in an arc . Video projectors screwed and placed on pedestals about 1m away project the videos of the installation «Entachées »in a loop on the embroidered target. The leitmotif of these videos, all of duration of 1minute 47 seconds consists of red spots not stopping twirling randomly. Common to the three videos: "Brest  Même", "En Robée" and "A  la Dé-Robée », .these stains are, originally, movie plans of reflections of the sun on the surface of the water By processes of fusions of images and sounds they meet multiple interpretations, such as to be transformed sometimes in balloon, sometimes  in red blood cells.

              In this anthropomorphic installation, the different elements are incorporated in the form of the sense and join in their antinomy. Thus the closed bodies as sealed to each chair / screen contradict the disposition in an arc inviting to open the conversation.

The projections of the different videos on the targets in the back of these static chairs, recall the infinite and repetitive race of time, history, memory. Coming clashing with the immobility of the subjects / objects, they remind us of the confinement, the internment. However, through their immateriality, their movement, the invisible presence of out-of-field images, their themes, they dress these three anthropomorphic chairs in an arc to become the link, open to other possibilities and "introduce trans -spatial and spiritual "(2).

The spectator / actor by his intervention is established as a new spatial link, re-contextualizes the installation. Representing the outside, it transforms its content and meaning, becoming the subject by which the relation, the communication is made, takes place/shape .

(1).52. Paul Auster « The Invention of Solitude" éd.Babel(2) Gilles Deleuze L'image mouvement. Editions de Minuit, collection : Critique, octobre 1983